le cancer colo-rectal

Description médical

Le cancer du côlon et celui du rectum sont du même type et on utilise le terme « cancer colorectal ».

Chez les hommes, c'est le plus répandu après les cancers du poumon et de la prostate; chez les femmes, il suit immédiatement le cancer du sein.

Lorsque le cancer colorectal n'est pas traité assez rapidement, il peut se propager vers le foie, les glandes lymphatiques et d'autres parties de l'organisme. Les tumeurs croissent lentement, mais comme les symptômes n'apparaissent qu'à un stade avancé de la maladie, les soins requis arrivent souvent très tard dans le processus; 10 % des mortalités dues au cancer lui sont attribuées. Lorsqu'il est dépisté à un stade précoce, le pronostic est grandement amélioré.

Symptômes

  • Le dépistage du cancer colorectal : c’est le cancer le plus fréquent en France (près de 40000 nouveaux cas par an). Le dépistage précoce est pratiqué grâce au test Hemoccult (qui détecte la présence de sang dans les selles). Si le test est positif (présence de sang dans les selles), le médecin procèdera à une coloscopie (examen permettant d’examiner l’intérieur du rectum et du côlon grâce à un tube souple muni d’une petite caméra introduit par l’anus, sous anesthésie). Le dépistage est recommandé à partir de 45 ans en l’absence d’antécédents familiaux. En cas d’antécédents familiaux, il faut procéder à une coloscopie tous les 5 ans à partir de 35 ans
  • Ballonnement abdominal et flatulences.
  • Douleurs à l'estomac, douleurs abdominales.
  • Défécation douloureuse, matières fécales rétrécies.
  • Sang dans les selles.
  • Anémie, fièvre, perte de poids.

Personnes à risque

  • Sexe. Les hommes sont légèrement plus à risque que les femmes.
  • Âge. La maladie frappe surtout les personnes de plus de 50 ans. Dès la trentaine, le risque double tous les dix ans.
  • Maladie du côlon. Un antécédent personnel ou familial de maladie du côlon augmente le risque.
  • Polypes. Généralement, les polypes (qui sont de petites excroissances charnues) au rectum ou au côlon ne sont pas cancéreux, mais ils peuvent le devenir. Par ailleurs, il existe une affection transmise génétiquement appelée polypose rectologique diffuse, qui se manifeste par un très grand nombre de polypes; ceux-ci deviennent inéluctablement malins.
  • Cancer. Les femmes ayant déjà souffert d'un cancer du sein, de l'endomètre ou de l’ovaire sont plus à risque que l'ensemble des femmes.

Facteurs de risque

  • Alcool. un lien existe entre la consommation d'alcool et le cancer du côlon. Deux consommations d'alcool ou plus par jour augmenteraient le risque pour les hommes; pour les femmes, à une consommation ou plus. Les personnes à risque ont tout avantage à réduire leur consommation, sans quoi il serait indiqué de prendre des suppléments d'acide folique; quelques recherches ont en effet démontré que les méfaits de l'alcool seraient partiellement contrés par cette mesure.
  • Manque de fer. L'anémie résultant d'une déficience en fer accroît les risques de développer ce type de cancer.
  • Manque de lumière naturelle. Il semble que les risques de contracter un cancer du côlon soient plus élevés dans les régions du monde où les gens sont moins exposés à la lumière naturelle. Selon une revue des recherches, une exposition régulière au soleil empêche la croissance de cellules cancéreuses dans le côlon et réduit substantiellement la mortalité associée au cancer du côlon. On croit que l'effet protecteur serait dû au mécanisme par lequel le soleil entraîne la production de vitamine D. Il faut, évidemment, protéger la peau avec un écran solaire adéquat.
  • Sédentarité. Selon une analyse des recherches, 13 % des cancers du côlon pourraient être attribués à un mode de vie sédentaire.
  • Sucre. Selon des études préliminaires, la consommation de sucre et d'aliments qui en contiennent augmente le risque du cancer du côlon.Il ne faut pas négliger la grande quantité de sucre caché que contiennent les aliments industriels, que l'on retrouve sous les appellations dextrose, lactose, fructose, sirop de malt, sirop de maïs, etc.
  • Tabagisme. Surtout ceux qui ont fumé pendant de nombreuses années.
  • Viandes. Selon une analyse de 13 recherches, la consommation de viande semble associée à des risques plus élevés. Les risques augmenteraient proportionnellement à la consommation. Par ailleurs, plusieurs recherches ont démontré un lien significatif entre la consommation de viande rouge et le cancer du côlon. Selon une étude présentée à la European Conference on Nutrition and Cancer en juin 2001, la consommation de viandes rouges entraînerait, en cours de digestion, la formation de radicaux dont certains sont réputés cancérigènes. On a observé que plus la consommation est importante, plus le risque de cancer du côlon augmente. La majorité des médecins, recommandent aux personnes qui souhaitent réduire leur risque de cancer du côlon de ne pas manger de viande rouge ou, tout au moins, d'en limiter sensiblement la consommation.
  • Viandes cuites à très haute température. Les très hautes températures provoquent la création des composés cancérigènes lors de la cuisson des viandes (notamment en friture ou au barbecue), composés qui ont été associés à un risque élevé de cancer colorectal.

Prévention

Mesures de dépistage

Se soumettre à un test de dépistage du cancer colorectal augmenterait les chances de survie. Des études révèlent que si le test de dépistage était systématique, comme le suggère la Société canadienne du cancer, le taux de mortalité serait réduit de 15 % à 33 %.

Le Comité national sur le dépistage du cancer colorectal du Canada a émis les recommandations suivantes dans un rapport paru en mai 2002  :

- dépistage systématique pour tous les adultes âgés de 50 à 74 ans;
- test de dépistage aux deux ans : recherche de sang dans les selles;
- si ce premier test est positif : une coloscopie ou une sigmoïdoscopie à sonde souple avec un lavement baryté, pour investiguer davantage.

Note. Les recommandations peuvent différer pour les personnes dont l'histoire familiale prédispose à un cancer colorectal. Dans ce cas, se renseigner auprès de son médecin pour établir la meilleure stratégie préventive.

 

Mesures préventives de base

Activité physique

De façon constante, la sédentarité a été associée à un risque élevé de cancer colorectal. Les recherches démontrent qu'il est probable que l'activité physique (professionnelle, sportive ou de loisir) opère selon plusieurs mécanismes biologiques pour inhiber la carcinogenèse.

Alimentation

Plusieurs synthèses de recherches concluent que l'alimentation est un moyen efficace de prévenir le cancer colorectal. Outre les facteurs de risque cités plus haut qu'il faut réduire, voici les principales recommandations alimentaires.

Calcium et produits laitiers. Grâce à plusieurs recherches sur le sujet, on croit qu'un apport adéquat en calcium, grâce à des produits laitiers faibles en gras, permettrait de réduire l'incidence du cancer colorectal. Le calcium semble contrer la prolifération anormale de cellules sur la paroi interne du côlon.Le calcium sous forme de supplément pourrait aussi être efficace en prévention, voir ci-dessous Prévention par les suppléments.

Acides gras oméga-3. Des études épidémiologiques indiquent que la consommation de poisson gras réduit légèrement le risque de cancer colorectal. Le poisson est une importante source d'oméga- 3.

Ail. Au cours des années 1990, plusieurs études épidémiologiques ont établi un lien inversement proportionnel entre la consommation d'alliacées (ail (psn), oignon, poireau, etc.) et l’incidence de certains types de cancers (estomac, colorectal, etc.). Les chercheurs tentent de comprendre les mécanismes de cet effet protecteur potentiel.

Crucifères. En plus de leur apport non négligeable en fibres alimentaires, plusieurs légumes contiennent des substances spécifiquement aptes à combattre plusieurs cancers, dont celui du côlon. Diverses études ont démontré l'action particulièrement bénéfique du chou et des autres membres de la famille des crucifères : brocoli, choux de Bruxelles, chou-fleur, etc. La prévention que confèrent ces légumes serait attribuable à leur teneur en indole.

Fibres. Malgré que des études aient donné des résultats contradictoires à cet effet, des chercheurs ont affirmé, lors de la European Conference on Nutrition and Cancer (2001) qu'une diète pauvre en fibres augmente de 40 % les risques de développer un cancer du côlon. Les experts recommandent une consommation quotidienne de 25 g de fibres. Les aliments qui en contiennent le plus sont les fruits et légumes, les céréales entières, les légumineuses ainsi que les noix. Parmi les céréales « industrielles », les céréales de type All Bran sont une source appréciable.
Une revue de 37 études épidémiologiques et de 16 études de cas appuie l'idée d'une protection conférée par une alimentation riche en fibres. Toutefois, les auteurs ne sont pas en mesure de dire si les bienfaits tiennent aux fibres elles-mêmes ou à d'autres composés actifs des légumes.

Huile d'olive. Certaines données portent à croire que les personnes dont l'alimentation est élevée en huile d'olive ont moins de risques de développer un cancer colorectal. L'huile d'olive semble également contribuer à réduire les modifications aux muqueuses colorectales et la formation de polypes, deux facteurs qui jouent un rôle dans le développement du cancer.

Fruits et légumes. Les épinards, la laitue, les tomates, les carottes, les oranges, le céleri et les légumes verts en général assurent une bonne prévention grâce aux caroténoïdes qu'ils renferment, dont deux - la zéaxanthine, mais surtout la lutéine - qui protègent contre le cancer du côlon. On ne sait pas si les suppléments de lutéine offrent une telle protection.15 Par ailleurs, l'acide salicylique naturel contenu dans les fruits et légumes pourrait aussi offrir une protection. Des chercheurs ont observé que les gens prenant régulièrement de faibles doses d'aspirine (dont le principal composé actif est l'acide salycilique) étaient moins sujets à avoir le cancer colorectal.

Soya. On a beaucoup étudié l'impact du soya sur la prévention des cancers du sein et de la prostate, et un peu sur le cancer colorectal. Pour le moment, les données ne sont pas concluantes chez les humains, mais des expériences in vitro ont révélé que des composantes du soya, les isoflavones, peuvent entraver la croissance des cellules du côlon.

Vitamine C de source alimentaire. Les personnes qui consomment assez de fruits et de légumes pour obtenir 200 mg par jour de vitamine C semblent être moins à risque de développer un cancer du côlon. Toutefois, les suppléments de vitamine C ne semblent pas apporter le même bénéfice.

Médicaments

Acide acétylsalicylique. L'Association médicale du Canada indique que la prise d'un comprimé par jour d'acide acétylsalicylique (Aspirin®) pourrait conférer une certaine protection. Les données épidémiologiques révèlent que les personnes prenant souvent de l'aspirine sont moins atteintes de cancer colorectal. L'acide salicylique est la composante active de l'aspirine et se trouve dans un certain nombre de fruits, légumes et autres plantes (surtout dans le saule blanc).

 

Traitements médicaux

Les résultats du traitement sont intimement liés à la rapidité d'intervention. Dans l'ensemble, 50 % des patients recevant les soins médicaux appropriés ont une survie de plus de deux ans; chez les patients de moins de 45 ans, la survie dépasse généralement une dizaine d'années.

Chirurgie

En cas de tumeur du côlon ou du rectum, une chirurgie radicale s'impose. Pour ce faire, on ôte la partie atteinte et, si nécessaire, on pratique une dérivation de l'intestin appelée colostomie (anus artificiel relié à des poches adhésives interchangeables).

Radiothérapie et chimiothérapie

Ces traitements sont souvent nécessaires pour éradiquer les cellules cancéreuses qui auraient déjà migré.

Anticoagulants

Récemment, les recherches semblent indiquer que l'héparine (un inhibiteur de la coagulation) pourrait aider à prévenir les métastases cancéreuses. Certaines données à cet effet concernent spécifiquement le cancer colorectal.

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