le cancer de l'estomac

Encore très fréquent dans le monde (870 000 nouveaux cas et 650 000 décès par an), le cancer de l'estomac voit son incidence diminuer, notamment en France.

Généralités

 

L'estomac est un organe en forme de réservoir, situé entre l'œsophage et le duodénum (première portion de l'intestin). L'orifice qui le relie à l'œsophage est appelé le cardia et celui qui le relie au duodénum, le pylore. C'est au niveau de l'estomac que les aliments sont digérés, sous l'effet des substances chimiques secrétées par les glandes gastriques et des contractions des muscles de la paroi gastrique.
Le cancer de l'estomac est dans 90 % des cas un adénocarcinome qui se développe à partir de l'épithélium gastrique.

Encore très fréquent dans le monde (870 000 nouveaux cas et 650 000 décès par an), le cancer de l'estomac voit son incidence diminuer, notamment en France et dans la plupart de pays européens où elle a chuté de plus de 60 % au cours des cinquante dernières années. Ceci s'explique par une moindre consommation des aliments conservés par le sel, la disponibilité dans de nombreux pays de fruits et légumes frais tout au long de l'année, une meilleure qualité de l'eau.
Les pays à risque élevé sont l'Asie orientale, les régions andines d'Amérique du Sud et l'Europe de l'Est.
On estime qu'en France, 6 794 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2005,  dont 64,8 % chez l'homme. L'âge médian au moment du diagnostic est de 72 ans chez l'homme et 77 ans chez la femme. On estime par ailleurs que ce cancer a été à l'origine de 4 756 décès en 2005 en France.

Facteurs de risque

Le cancer de l'estomac peut se développer sur des lésions préexistantes : gastrite atrophique, maladie de Biermer, maladie de Ménétrier, polypes gastriques, estomac opéré depuis plus de 15 ans, ulcère gastrique.
Les facteurs alimentaires ont certainement un rôle majeur : les dérivés nitrés, les viandes et les poissons salés et séchés sont incriminés dans la genèse des ces cancers. Un apport insuffisant en fruits et légumes frais constitue également un facteur de risque.
Le tabac et le reflux gastro-oesophagien sont des facteurs de risque importants.
L'infection par Helicobacter pylori, qui favorise le développement de la gastrite chronique atrophique est un facteur de risque de cancer de l'estomac distal (dont l'incidence diminue).
Un facteur génétique serait en cause dans environ 5 % des cancers de l'estomac : un antécédent familial de cancer de l'estomac multiplie par 3 le risque de développer ce cancer pour les apparentés. Le syndrome de Lynch est également un facteur de risque de cancer de l'estomac.

Dépistage

Le dépistage précoce du cancer peut être réalisé par gastroscopie et une biopsie en cas de résultat suspect. Ce dépistage est utilisé au Japon où ce cancer est fréquent, mais il est coûteux et ses résultats sont controversés et non applicable en Europe.
Aucun programme de dépistage organisé de ce cancer n'est envisagé en France.

Symptômes

Le cancer de l'estomac ne s'accompagne de pratiquement aucun symptôme au début et lorsqu'ils apparaissent, ceux-ci ne sont pas spécifiques. Ce qui explique que 80 % des cancers sont diagnostiqués à un stade avancé. Les symptômes sont essentiellement :

  • douleur épigastrique
  • altération de l'état général, amaigrissement, anorexie
  • nausées, vomissements
  • diarrhée
  • dysphagie
  • phlébite des membres inférieurs
  • anémie
  • fièvre
  • présence d'une adénopathie sus-claviculaire gauche

    Diagnostic et bilan d'extension

    L'endoscopie digestive avec prélèvements multiples permet de confirmer le diagnostic, de préciser la taille de la tumeur et sa localisation, d'envisager le type de traitement chirurgical. En cas d'ulcère gastrique, un contrôle endoscopique avec biopsies multiples est impératif à 6-8 semaines.
    Le bilan d'extension comprend une radiographie du thorax, une échographie et un scanner abdomino-pelvien, un bilan sanguin avec dosage de marqueurs tumoraux et parfois une échoendoscopie pour préciser l'extension loco-régionale.

    Traitement

    Le seul traitement curatif est la chirurgie, son objectif est d'enlever toute la tumeur. L'exérèse est plus ou moins étendue selon les cas, allant de l'exérèse locale pour les tumeurs superficielles qui ne dépassent pas la muqueuse, à la gastrectomie des 4/5 ème pour les tumeurs de l'antre, à la gastrectomie totale pour les cancers proximaux. Le curage ganglionnaire est presque systématique.
    Les traitements complémentaires (chimiothérapie et radiothérapie) sont en cours d'évaluation. La radio-chimiothérapie post-opératoire semble diminuer le risque de récidive dans les cancers avec envahissement ganglionnaire, mais il n'y a pas actuellement de consensus.
    La chimiothérapie est le traitement des formes métastatiques.
    La radiothérapie est indiquée dans le traitement de localisations métastatiques douloureuses.

    Le suivi

    Il repose sur la radiographie du thorax, l'échographie ou le scanner abdomino-pelvien et parfois sur l'endoscopie.  Un bilan sanguin doit également être demandés.

 

 

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