le cancer de la vessie

En France, le cancer de la vessie se situe au 7ème rang de l'ensemble des cancers.

Généralités

 

La vessie est un organe creux situé dans le petit bassin et dans lequel se collectent les urines produites par les reins. Elle joue un rôle de réservoir. Lorsqu'elle est pleine (200 à 300ml), elle envoie un signal au cerveau pour déclencher l'envie d'uriner. L'urine s'écoule alors par l'urètre.
En France, le cancer de la vessie se situe au 7ème rang de l'ensemble des cancers, avec 9 679 nouveaux cas estimés en 2005, dont 82% chez l'homme. Cette même année, il a été responsable de 4 482 décès. L'âge moyen au moment du diagnostic est d'environ 70 ans.
Environ 336 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués dans le monde en 2000, dont les deux tiers dans les pays développés

Facteur de risque

Le tabac représente le facteur de risque le plus important puisqu'il est à l'origine d'environ 65% des cas chez l'homme et 30% chez la femme. Ce risque est proportionnel à la durée du tabagisme.
Par ailleurs, l'exposition professionnelle aux substances utilisées dans l'industrie du caoutchouc et des colorants constitue également un facteur de risque.
En Afrique et dans certains pays d'Asie, l'ingestion d'eau contaminée par un ver, le schistosome, est aussi en cause.

Dépistage

La cytologie urinaire, qui est l'analyse des cellules qui se trouvent dans les urines, peut-être utilisée pour surveiller les populations exposées aux toxiques industriels.

Symptômes

Le signe le plus évocateur est la présence de sang dans les urines, le plus souvent à la fin de la miction, ce qui donne des urines rouges. Ce saignement peut être intermittent et ne pas se produire chaque fois qu'on urine. On peut aussi se plaindre de mictions fréquentes et impérieuses.

Diagnostic et bilan d'extension

L'examen cyto-bactériologique des urines peut confirmer la présence de sang dans les urines.
La cytologie urinaire étudie les cellules présentes dans les urines et permet donc de détecter d'éventuelles cellules malignes.
L'échographie de la vessie peut mettre en évidence la tumeur. 
Mais c'est la cystoscopie qui seule, permet de savoir s'il existe ou non une tumeur. Elle consiste à introduire dans la vessie, par les voies naturelles et avec une anesthésie locale, un dispositif optique pour examiner l'intérieur de la vessie. Il n'est pas possible de prélever un fragment de la lésion si l'examen s'effectue sous anesthésie locale car ce geste est douloureux. Il faut donc prévoir une anesthésie générale pour effectuer un prélèvement aux fins d'analyse.
Le scanner permet de rechercher la présence de ganglions ou de métastases.
On pratique également une urographie intraveineuse (radiographie de l'appareil urinaire) pour chercher s'il existe des polypes ou des tumeurs des reins ou des uretères (situés entre les reins et la vessie).

Traitement

Les tumeurs superficielles, qui n'ont pas atteint le muscle de la vessie, sont traitées par ablation chirurgicale endoscopique puis, si elles récidivent ou sont agressives, par des instillations dans la vessie, soit d'un médicament de chimiothérapie locale, soit de BCG (le vaccin contre la tuberculose).
Lorsque la tumeur a atteint le muscle de la vessie il faut souvent réaliser l'ablation de la vessie (cystectomie) ainsi que de la prostate et des vésicules séminales chez l'homme, des ovaires, de l'utérus et d'une partie du vagin chez la femme. La vessie peut être reconstruite avec une partie de l'intestin, ce qui permet d'uriner par les voies naturelles. Mais il faut parfois réaliser une dérivation définitive des urines (poche sur la peau, intervention communément appelée « bricker »). Cette intervention peut parfois être évitée en utilisant pour le traitement une association de chimiothérapie et de radiothérapie.

Ses effets secondaires

  • Les instillations endovésicales peuvent se compliquer d'infections (prostatites) que l'on traite par antibiotiques. Le BCG peut entraîner des troubles urinaires, parfois de la fièvre, pendant 24 heures.
  • L'ablation de la vessie est une intervention chirurgicale qui reste lourde et nécessite 10 à 20 jours d'hospitalisation. Cette opération peut provoquer des troubles de l'érection.
  • Lorsque la vessie a été reconstruite, des fuites peuvent survenir et il faut alors "apprendre" à contrôler cette nouvelle vessie.

    Le suivi

    Le cancer de la vessie a tendance à récidiver, il est donc nécessaire de pratiquer des contrôles réguliers (cystoscopie, examen des cellules présentes dans les urines). Les patients qui ont subi l'ablation de la vessie doivent en outre subir des contrôles sanguins pour vérifier le fonctionnement des reins et des scanners réguliers.

 

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